October Faction – Un Kindler pas top bueno…

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Ok, je vous vois venir: « Tin l’autre… Il arrive après la guerre… »

Je sais. C’est pas tout frais puisque ça date de 2020. Il s’avère qu’au cours des derniers 18 mois, j’ai eu le temps de voir 2-3 bricoles et j’en ai profité pour prendre quelques notes dans l’optique de rédiger une bafouille. Du coup…

…Steve Niles. Ce nom vous dit peut-être quelque chose ? 

À moins d’être un fan de bandes dessinées d’horreur, il est bien possible que non (personne n’est parfait, hein !? 😉).

Vous n’en n’avez rien à secouer, et vous voulez juste un énième avis sur la série susmentionnée aussi éclairé qu’un réverbère victorien ? Filez tout droit au prochain chapitre. Pour tous les autres, mettez votre ceinture : on va faire un tour au New Jersey… 

« La passion fournit les arguments incontestables pour contourner les obstacles. » [Antoine Riboud]

Steve_nilesAh! Ce bon vieux Steve naquit en ce jour de grâce du 21 juin 1965 dans le New Jersey (USA). Le bougre grandi dans la banlieue de Washington où, tout en développant des intérêts pour des domaines créatifs tel que la musique, la réalisation (de films amateurs), l’écriture et la peinture sur escargot (encore que ce dernier point ne soit pas prouvé), il se découvre surtout une passion pour les comics. Stevy prend le démon à bras le corps ; à tel point qu’il commencera très rapidement à trouver du travail dans des boutiques spécialisées. L’appel de la musique sera bref mais forte (en volume et en passion) à l’apogée de la scène Punk, où Steve intégrera le groupe Grey Matter en tant que bassiste. Mais son intérêt pour l’univers de la bande-dessinée supplante laaaaaargement celui de la musique. Le coeur a ses raisons que… Le portefeuille fini par ignorer. Comme il faut bien se nourrir et que, quitte à bosser, il vaut mieux le faire dans un domaine qui nous parle, c’est ainsi que Steve fait ses débuts dans l’industrie en créant sa propre petite maison d’édition : Arcane Comix. Mais le succès peinera à arriver…

Mais ce bon vieux Steve est un gars persévérant et qui plus est passionné ! Au cours des années qui suivent, il s’occupe de la publication d’oeuvres pour Disney, pour les éditions Todd McFarlane et pour Ecplise Comics. Il contribue d’ailleurs à la série Hellspawn avec le dessinateur Ashley Wood. Au début des années 2000, Steve essaye de percer comme auteur à Hollywood en tentant de vendre le scénario fantastique de vampires ayant élu domicile en Alaska. Essuyant une pluie de refus, il finit par contacter la jeune maison d’édition IDW Publishing (en la personne de Ted Adams) qui, surpris par le nombre de rejets, accepte de produire son bébé. Steve et l’Illustrateur Ben Templesmith se lance alors dans l’aventure ; le résultat donnera lieu à « 30 jours de nuits ».

30 jours de nuitLes producteurs Hollywoodiens, qui avaient jusqu’ici globalement ignorés Niles, se retrouvent subitement séduit par le projet. L’acquisition des droits donnera lieu au film du même nom en 2007, réalisé par David Slade (un illustre inconnu n’ayant alors qu’un film au compteur) et mettant en scène Josh Harnett (Pearl Harbor, Sin City, Le Dahlia Noir…) et Melissa George (Dark City, Mulholland Drive, Amityville…) dans les rôles titres. Le résultat à l’écran est quelque peu mitigé, même si, sur un budget de 30 millions de dollars, le film récolte pas loin de 76 millions de dollars au box-office. Mais la machine Steve Niles est désormais lancée.

S’en suivront les adaptations de « 28 jours plus tard » et « Criminal Macabre ». Ces succès signent par ailleurs le retour en grâce du comic d’horreur et Niles, en contribuant à lui redonner ses lettres de noblesse, en devient même l’un des artistes les plus marquants. Une jolie revanche sur la vie…

October_FactionEn 2014, IDW annonce que Steve et l’illustrateur espagnol Damien Worm vont collaborer (à nouveau) sur un projet : The October Faction. Il s’agira du premier comics mensuel écrit par Niles. Quelques 4 années plus tard, et plus exactement le 28 septembre 2018, Netflix, qui s’attèle depuis quelques temps déjà à acquérir les droits de bon nombre de bandes dessinées (pour accroître potentiellement son catalogue et sa liste d’abonnés), annonce l’adaptation du comics pour une première saison de 10 épisodes. 

La série débarque en semi grandes-pompes sur les écrans le 23 janvier 2020. Pourtant, tout juste un peu plus de 2 mois plus tard, et comme un peu trop souvent, Netflix annoncera l’annulation de cette dernière… 

Mais, de quoi ça parle exactement ?

Fredrick et Deloris Allen sont des globe-trotters « chasseurs de monstres » (sorte d’agents « très » spéciaux agissant dans l’ombre) à la retraite en congé résidant au japon depuis quelques années. Membre d’une organisation über-secrète répondant au nom de Presidio, dont l’activité principale consiste globalement à préserver l’intégrité physique humaine dans son ensemble, ils sont également les parents des jumeaux adolescents Geoff et Viv.  Ces derniers ignorent d’ailleurs joyeusement la véritable nature des activités professionnelles parentales. Mais Fred et Deloris vont très rapidement se retrouvés propulsés bien malgré eux parmi les spectres de leur passé. En effet, suite au décès de Samuel Allen, père de Fred et accessoirement agent de premier ordre de Presidio, la famille se voit contrainte de revenir aux USA, à Barrington-on-Hudson (une banlieue dans le nord de l’État de New York) pour s’occuper de ses funérailles, malgré les réticences d’un Fred, rapidement hanté par des souvenirs d’un héritage écrasant.

Ce qui devait finalement se limiter à une cérémonie et à quelques tergiversations autour de la succession de Samuel, va peu à peu se muer en une nouvelle mission. Le passé de Fred et Deloris va les rattraper et au passage, animer le quotidien des jumeaux qui vont commencer à développer des capacités surnaturelles qu’ils ne comprennent ni ne maîtrisent… Entre 2 crises d’adolescence de bon cru, Viv va se lancer dans l’art des visions cheloux, alors que son frère Geoff va se mettre à faire la causette aux fantômes. Les Allen vont devoir rapidement faire des choix, les premiers imbroglios ne tardant pas à arriver au sein d’une ville qui voyaient déjà ce retour d’un mauvais oeil…

Mais qui est de faction ?

Aux commandes de ce bouzin Netflixien, on retrouve Damian Kindler, un scénariste-réalisateur-producteur avec de la bouteille (reste à définir le type). Ce dernier à en effet déjà oeuvré sur des séries telles que Stargate (SG1 et Atlantis), Sanctuary et Sleepy Hollow. Côté réalisation, le travail a été partagé entre 5 réalisateurs ; soit 2 épisodes par tête (la saison n’en comptant qu’une dizaine). Parmi cette équipe de ouinneur, on retrouvera notamment Kindler mais aussi, Director X (un réalisateur canadien oeuvrant généralement plutôt dans l’univers des clips musicaux), Megan Follows (une actrice connue notamment pour son rôle de Catherine de Medicis dans la série Reign), Mina Shum (scénariste et réalisatrice de films indépendants) et David Frazee (réalisateur et directeur photographie ayant notamment participé aux séries Vikings et Snowpiercer).

Côté casting, on retrouvera quelques têtes connues tels que les parents Fred et Deloris Allen, interprété respectivement par J.C. MacKenzie (The Wolf of Wallstreet, The Irishman, Elementary, House of Cards…) et Tamara Taylor (Serenity, Bones, Altered Carbon…) ainsi que Stephen McHattie Smith (A history of Violence, Mother!, The Strain…) dans le rôle de Samuel Allen. Le clan Allen est complété par Aurora Dawson-Hunte (The Stranger, Sex Education) dans le rôle de Viv. Gabriel Darku (Impulse, Slasher, American Gods) dans celui de son frère Geoff et Wendy Crewson (The 6th Day, Covenant, The Nest….) dans le rôle de la matriarche du clan Maggie Allen. On citera encore Edith Mooreland (Wynonna Earp, Heartland, Republic of Sarah…) dans le rôle de Megan Suit, n°1 de l’organisation Presidio, ainsi que Maxim Roy (Allure, Shadowunters: the mortal instruments, Bad Bloods…) incarnant une puissante et mystérieuse force opposée aux Allens. 

…ça ne sentirait pas à nouveau le pétard mouillé côté Netflix ?

Sur papier, October Faction semblait avoir un réel potentiel, considérant que les comics de Niles/Worm cultivaient une ambiance fantasma-gothique bien glauque. Une sorte de Famille Adams pour adulte, qui auraient vraiment pu casser des briques visuellement (à la sauce Vandamme) par paquets de douze. Malheureusement, le résultat porté à l’écran est plutôt décevant. October Faction pourrait même être le résultat type d’un condensé de problèmes que l’on va retrouver au sein d’autres œuvres produites par Netflix.

Kindelr Surprise 

Au cours de ces 2-3 dernières années, Netflix n’a eu de cesse de faire ses courses dans les rayons BD/Comics pour tenter d’étoffer son catalogue avec des contenus originaux (Swamp Thing, Locke & Key, Umbrella Academy…), ce notamment, afin de faire croître sa liste d’abonnés, tenter de tenir la dragée haute à ses concurrents, tel que les joyeux mastodontes Disney et Prime et trouver une alternative suite à l’échec de l’accord avec la Warner (signant l’arrêt de mort de plusieurs séries estampillée Marvel). Cependant en démultipliant ses projets, la multinationale américaine a commencé à sérieusement éparpiller ses forces créatives et budgétaire, donnant lieu à des oeuvres approximatives parfois mise en place à la sauce McGyver, avec chewing-gum, trombone, et sauce « service minimum ». Et ceci sans même évoquer la stratégie (si on peut appeler ça ainsi) parfois déplorable de communication balbutio-branlante pour attirer le public…

 


CheckThisNetflix continu de faire son shopping dans le monde des comics et de la BD : 3 saisons de Locke & Key ont d’ores et déjà été commandées. Vous n’avez pas lu l’article ?


 

CGI en soldeDans le cadre d’October Faction, le résultat est fastidieux, plutôt cheap (les CGI ne sortent clairement pas de chez ILM mais plutôt de chez Lidl) et malheureusement relativement sans saveur (et probablement sans budget) … On a l’impression que ce qui faisait l’essence même du comics a été volontairement dilué au possible : grossière erreur. De l’histoire originelle ne subsiste finalement que le triptyque hyperbasique chasseur-monstre-drame familial. Et dans ce cadre-là, d’autres séries ont fait bien mieux, plus durablement et avec plus roubles dans la caisse… Qui plus est, la combinaison thématique surnaturel/tragédie familiale, sur laquelle repose la série, est d’ailleurs loin d’être originale ; on pensera notamment à des séries tel que Supernatural (15 saisons), Charmed (8 saisons et un reboot deCGI au rabais 4 petites saisons supplémentaire) voire même de production Netflix tel que « The Haunting of Hill House » (2 saisons) ayant déjà largement développé le concept. 10 épisodes et puis s’en va…

Ouai, mais bon… Pour finir, c’est bien ?

Mouaif. Non. Sans jusqu’à aller la qualifier de moisi, la série ne casse pas 3 pattes à un canard, et de loin.

October Faction est distrayant, tout au plus, et ce surtout grâce à J.C. MacKenzie et Tamara Taylor qui s’en donnent à coeur joie. Le reste n’est malheureusement pas à la hauteur. Les défauts sont globalement légions et la lenteur et la construction abracadabrantesque des épisodes force le spectateur à s’accrocher coûte que coûte pour vouloir découvrir la suite ; ce qui s’apparente plutôt à une sinécure. L’histoire s’améliore heureusement quelque peu à mi-chemin, mais clairement pas assez pour démarrer le commencement d’un quelconque emballement. 

lightspeeeed

Si vous êtes curieux, que vous avez quelques heures à perdre, vous pourriez éventuellement vouloir y jeter un oeil. Pour les autres, laissez tomber ; même Netflix a actuellement mieux à offrir… 

 


October Faction (2020) / Surnaturel, Drame, Fantastique, Horreur  / [IMDb 7.4/10]

Développé par : Arthur Carlton Cuse / Meredith Averill / Aron Eli Coleite / Joe Hill

Réalisation : Michael Morris, Vincenzo Natali, Tim Southam, Mark Tonderai, Dawn Wilkinson, Es

Distributions : Tamara Taylor, J.C. Mac Kenzie, Aurora Dawson-Hunte, Gabriel Darku, Maxim Roy, Stephen McHattie, Megan Follows, Edith Moorland…

Disponible sur : Netflix (intégrale) depuis le 23.01.2020

 

 


 

 

 

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